Le bondage au Japon : Témoignage d'un expert.

Bondage Japon -

Le bondage au Japon : Témoignage d'un expert.

Nous avons eu la chance d'avoir le témoignage de Masashi Fujisawa, modèle Kinbaku au Japon.

Si vous êtes un peu comme moi il y a dix ans, quand je suis arrivé au Japon, vous imaginiez sans doute que ce pays est un endroit sulfureux et assez pervers. Le porno asiatique, les mangas hentai, la culture BDSM kawaii, et les cafés de soubrettes abondent.

Une fois que je me suis impliqué dans la scène BDSM d'Osaka comme modèle kinbaku et plus tard comme organisateur de munch, j'ai remarqué des grandes différences dans la façon dont le BDSM se déroule au Japon par rapport à la façon dont il est abordé en Europe. Si vous souhaitez visiter le Nippon et profiter du plaisir sexuel de son érotisme dépravé, il y a quelques éléments du BDSM que vous devez garder à l'esprit. Je suis ici pour partager le meilleur comme le pire de mon expérience coquine.

Les points positifs du Bondage au Japon


Un paradis pour les amoureux de shibari

En tant que lieu de naissance du kinbaku, le Japon a beaucoup à offrir aux amateurs de bondage à la corde. Des cours donnés par des experts chevronnés sont facilement accessibles dans les grandes villes pour les personnes intéressées à apprendre à attacher et à suspendre.

Si vous êtes en visite à Osaka mais que vous n'avez pas les compétences japonaises nécessaires pour étudier avec un natif, contactez mon amie Milla Reika, une artiste et instructrice australienne de kinbaku, qui est très douée dans ce domaine.

Le Shibari est considéré comme un art Japonais, dont la photographie contemporaine s'inspire en permanence. Avec des photos représentant souvent des femmes nue ou en lingerie sexy, ligoter, en pleine situation de lâcher prise.

shibari japon

La soumission en tant qu'art


La culture japonaise est très attaché à une hiérarchie sociale stricte et bien définie. La structure senpai-kohai qui régit les rouages internes de la culture japonaise d'entreprise, s'étend également à sa dynamique dominant / soumis. En outre, l'harmonie dans les relations entre les personnes prime souvent sur l'individualisme.

En tant que telle, la soumission est un point de fierté bien pratiqué et profondément enraciné dans la culture du pays du soleil levant. Les praticiens sadomasochiste de la base viennent dans le but de plaire et de s'épanouir dans leur vie sexuelle par la domination.

Les Japonais sont connus pour être assez privés et réservés. Cela étant dit, ils ne partagent pas tous les tabous, toute la honte religieuse profondément ancrée envers la servitude, les fantasmes fetish et le sexe que nous véhiculons encore dans la culture occidentale.

Le Japon a une histoire d'acceptation sexuelle unique qui est encore présente aujourd'hui sous la forme de choses comme les love hôtels à thème de la pornographie kawaii ou weird et les sexshop de proximité. Avec des endroits comme les cafés de bonne et les soaplands (prostitution) en abondance ! Les amoureux des rapports sexuels non conventionnel au Japon, ne manqueront jamais d'endroits intéressants à explorer pour booster leur libido et leur excitation sexuelle.

Un art érotique incroyable


La longue tradition nippone en matière d'œuvres d'art pornographiques de haute qualité remonte à l'époque Edo, lorsque le shunga, une forme traditionnelle d'impression érotique sur bois, a connu son essor.

Si vous aimez autant que moi l'art sur le thème du BDSM, vous trouverez une abondance de talents au Japon. Jetez un coup d'œil aux œuvres de l'un de mes artistes japonais sadique préférés, Namio Harukawa. Il peint des scènes de punition et des femmes dominatrices forçant leur soumis à pratiquer le cunnilingus.

Le pays du soleil levant à plusieurs facettes dans sa sexualité, une un peu plus "hardcore" et l'autre plus mignonne mais pas moins perverse.

Le Japon est le berceau de la culture Kawaii, Hentai et Ahegao, qui à connu un immense succès en occident. Laissant place à une multitude d'accessoires BDSM de vêtement et goodies sexy sur la thématique. La boutique française numéro 1 en la matière est Ahegao.fr

Les points négatifs du BDSM au Japon


La scène BDSM au Japon est largement motivée par des raisons financières. Ma ville natale, San Francisco, est un haut lieu d'événements, de munch, d'ateliers et d'établissements liés au BDSM qui sont soit gratuits, soit très abordable pour les participants.

Ce n'est pas le cas au Japon. Si vous voulez rencontrer d'autres kinksters, la meilleure solution est d'aller dans un bar où le bondage et le fétichisme sont le centre d’intérêt principal. L'entrée peut coûter au minimum 7 000 yens (environ 50 euros) pour les hommes et 2 000 yens (environ 15 euros) pour les femmes. C'est sexiste et cher ? C'est sûr. Et c'est avant le prix des boissons.


L'abus d'alcool durant les séances de bondage


En parlant de boissons, le Japon adopte une approche très différente de la consommation d'alcool et accepte largement ce que les occidentaux considèrent comme de l'alcoolisme. Comme beaucoup d'établissements japonais à thème BDSM sont des bars, beaucoup de gens jouent tout en buvant assez fortement. Je n'ai jamais vu cela géré ou surveillé par le personnel.

Le Citadel Club de la SF américaine, par exemple, ne sert pas d'alcool et n'admet pas les personnes qui semblent être en état d'ébriété.

Un manque de communauté BDSM 


Comme la scène BDSM est en grande partie une affaire d'argent, il peut être difficile de rencontrer d'autres kinksters et de trouver le genre de réseau de soutien unique dont les membres de la communauté ont besoin et auquel ils ont accès dans de nombreux pays occidentaux.

Avant que je fonde le BDSM munch à Osaka en 2017, aucun groupe comme celui-ci n'existait au Kansai. J'ai parlé à des kinksters à Tokyo et ils m'ont dit que le soutien de la communauté est également faible dans le nord, bien qu'ils aient des munchs d'expatriés là-bas depuis au moins quelques années.


Le pire du bondage japonnais


Questions relatives au consentement

Les attitudes sérieusement archaïques, dangereuses et misogynes à l'égard du consentement, du harcèlement sexuel, des sévices et agressions sexuelles et du viol sont courantes au Japon. Cela s'étend bien sûr à la scène BDSM ou les jeux de torture, de fouet, et de cravache sont monnaies courantes.

Je n'ai jamais entendu les Japonais de la scène parler de considérations liées aux meilleures pratiques sexuelles et BDSM en Europe, telles que la négociation ou les safewords. Comme le consentement éclairé du sub est crucial pour tout ce que nous faisons en BDSM, cela présente un conflit d'intérêt majeur pour ceux d'entre nous qui défendent l'éthique et veulent jouer en toute sécurité.

Bien que ces attitudes néfastes évoluent (à la vitesse d'un escargot) au fil du temps, les praticiens du fétichisme doivent être prudents, en particulier les esclaves. Si vous souhaitez jouer en tant que partenaire soumis au Japon, soyez conscient de cette situation et apprenez des expressions japonaises liées au consentement afin de pouvoir faire de votre mieux pour vous protéger.

Je vais être honnête, cependant : j'évite maintenant la scène BDSM locale pour cette raison, et beaucoup de mes amis expatriés fétichistes le font aussi.


Une approche de la sécurité ambiguë.

La sécurité est la principale priorité des communautés BDSM en Europe. Les ateliers BDSM sur tous les sujets, de l'asservissement sans danger aux pratiques sexuelles sadomaso comme l'usage de pince tétons ou de fouet, sont faciles à trouver et à suivre. De nombreux clubs BDSM et organisateurs d'événements engagent du personnel pour s'assurer que les participants jouent en toute sécurité. Des accidents et des blessures se produisent, mais des efforts continus sont faits et ouvertement discutés pour les prévenir.

Au Japon, on ferme souvent les yeux. Comme l'explique le docteur Golden, un sexologue, praticien SM et chiropracteur basé à Tokyo, "les gens de l'industrie, les dominatrices professionnelles ou les artistes de la scène BDSM, ne veulent pas parler d'accidents. Ils craignent de perdre leur confiance et leur réputation si leurs accidents sont révélés au grand jour, alors ils essaient de garder le secret".

Ce n'est pas vraiment kawaii, n'est-ce pas ?

Si vous préparez un voyage à Okinawa, au mont Fuji, à Kyoto ou si vous souhaitez seulement vous renseigner sur le BDSM au japonnais, je n'écris pas pour vous dissuader, mais plutôt pour vous fournir les informations dont vous aurez besoin pour prendre des décisions sûres et éclairées.

Profitez-en et, comme toujours, jouez en toute sécurité où que vous soyez !

 


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